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«Train de la mémoire » Auschwitz – Birkenau
du 11 au 15 novembre 2012
pour des élèves des lycées Sainte-Marie, Daniélou et Charles Peguy

« Ceux qui oublient le passé sont condamnés à le répéter » (G. Santayana)

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Un devoir de mémoire… je dois y aller, je le sens, je le sais ! Cette inhumanité dont l’humanité fait preuve ne doit pas se reproduire.

Trente élèves et huit adultes de Sainte-Marie de Neuilly ont ressenti cet « appel », ainsi que 450 lycéens de 17 établissements catholiques à suivre le mouvement du Train de la Mémoire. Du 11 au 15 novembre 2012, ils sont partis sur le lieu le plus emblématique de l’extermination des Juifs d’Europe. Autour du Père Dujardin (oratorien, historien, théologien, ancien secrétaire des relations épiscopales avec le Judaïsme) et de son équipe pluridisciplinaire de professeurs, les adolescents ont participé à un voyage d’histoire et de mémoire empreint de spiritualité, alternant des temps de réflexion, de dialogue et des moments de commémoration sur place.

 Témoignage

     Nous marchons en silence dans le brouillard d’un petit matin de novembre quand peu à peu sortent de la brume les barbelés du camp d’Auschwitz-Birkenau… Tout au long du voyage en train qui a duré plus de 25 heures, nous avons écouté, réfléchi, échangé, autour de cette « borne inamovible de l’Histoire » qu’est la Shoah. Mais comment parler de l’innomable, de l’incroyable réalité des camps d’extermination ? et pourquoi aller là-bas, 60 ans plus tard, avec des jeunes?

      Par devoir de mémoire certes, et en hommage à ceux qui ont disparu par la folie et la volonté de certains hommes, mais aussi par devoir de conscience et de vérité, en laissant résonner des questions décisives, celles qui touchent à Dieu et à l’homme.

      Aller à Auschwitz, c’est risquer un voyage intérieur, un « va vers toi-même », oser la rencontre avec la part d’ombre et de lumière de nos êtres blessés et de nos histoires collectives. Mais c’est aussi, c’est surtout, réveiller en nous les fondements de la responsabilité vis à vis d’autrui quel qu’il soit et surtout s’il est fragilisé, démuni, différent.

      Nous quittons le camp en fin de matinée, le soleil s’est levé. Nous remontons la rampe du rail vers la sortie, en une marche vers la vie, une vie qui appelle à choisir d’être plus humain.

Dominique Paillard