La joie d’apprendre est aussi nécessaire aux études que la respiration au coureur (Simone Weil)

L’enthousiasme et la curiosité, la joie d’apprendre et de partager avec d’autres sont au cœur de ces études. Les étudiants parlent de « révélation » et de « jubilation » pour décrire cette expérience intellectuelle.

Contrairement à une idée parfois reçue, l’exigence des classes préparatoires favorise l’épanouissement personnel et est vécue comme un déploiement des capacités de chacun.

Si l’enseignement n’est pas un déchiffrement du monde à travers le texte, et de soi-même au miroir du texte, ce n’est pas un enseignement. (Christian Monjou)

Les deux ou trois années en classes préparatoires littéraires forment un socle décisif pour toute la vie. Etre en prépa à Ste Marie, c’est faire l’expérience d’une structuration de soi autour d’une exigence intellectuelle forte et dans un climat d’espérance en soi et dans le monde.

Ces années développent des qualités d’endurance et de persévérance dans le travail. L’exigence affrontée et les difficultés surmontées permettent d’acquérir une confiance en soi pérenne. On se découvre capable d’une puissance de travail qu’on ne soupçonnait pas et transformé par elle.

Années décisives également pour les amitiés que l’on y forge.  Partager ces découvertes intellectuelles décisives, éprouver la solidarité face aux exigences, communier à des mêmes valeurs et à un même esprit, tissent des liens durables et uniques.

L’intelligence est la faculté de « l’autre » et nous met en relation avec le monde entier. […] Loin de limiter notre intérêt aux murs d’une bibliothèque, elle l’élargit à l’infini, étant faite pour tout comprendre, tout assimiler, tout apprécier. (Madeleine Daniélou)

La compréhension du monde contemporain et de ses enjeux ne peut se faire sans un détour exigeant par la culture.

L’Hypokhâgne permet d’acquérir une culture pluridisciplinaire qui rend capable d’analyser et d’interpréter le monde.

Elle donne à l’analyse des phénomènes contemporains une profondeur qui est celle du temps long, de la mise à nu des héritages et des présupposés idéologiques. Elle permet de ne pas subir le monde en courant après ses transformations, mais de le comprendre et l’interroger pour y agir de façon responsable.

L’éducateur n’a pas le droit de vieillir, d’être le témoin pétrifié d’un autre âge, de s’attendrir sur les temps passés ; son influence est au prix de sa jeunesse, d’une puissance de compréhension et de sympathie toujours vivante et chaude, d’une charité sans feinte. (Madeleine Daniélou, L’Esprit de l’éducation)

A Sainte-Marie, tout est fait pour que chaque étudiant soit accompagné dans l’exacte mesure dont il a besoin :

présence tout au long de la journée des adultes responsables, disponibilité des professeurs pour reprendre les devoirs ou répondre aux questions, accompagnement du professeur principal pour choisir les bons dispositifs de mise au travail…

Nous sommes conscients de la vulnérabilité particulière des étudiants lors de ces années exigeantes, et sommes attentifs à tout ce qui pourrait les affecter.

Cette bienveillance ne se réduit cependant pas à de l’indulgence :

elle n’exclut ni le souci de l’excellence ni la fermeté. Elle naît d’une confiance dans la capacité d’agir, elle s’efforce de libérer en chacun son énergie propre.

Croire en la vie de l’esprit, c’est croire qu’en tout homme, quel que soit le poids des conditionnements inconscients, biologiques ou sociaux, il existe une aptitude à discerner la vérité et à la préférer au mensonge, à s’engager et à aimer, fût-ce à ses dépens, à comprendre et à créer. (Marguerite Léna)

Cette confiance en l’unité et en la vie de l’esprit est ce qui qui anime notre pédagogie.

Unité de l’esprit

on ne peut dissocier l’excellence intellectuelle, le discernement et la croissance intérieurs et la question de la foi. Dans le respect des convictions de chacun est honorée cette aspiration à l’unité de la personne.

Si l’objectif de la réussite des concours est ce qui informe et structure la formation , il n’en est pas le dernier mot. Notre devise :  « tout pour le concours, mais le concours n’est pas tout ».

Vie de l’esprit

Elle permet à chaque étudiant d’être acteur de sa formation. L’exercice de l’autorité, conformément à son étymologie,  doit augmenter le jeune, le rendre auteur de ses choix.

Cette conviction se traduit très concrètement en prépa à Ste Marie par le choix de l’autodiscipline. Les devoirs ne sont pas surveillés, les délégués et chacun veillent au respect des règles qu’ils ont librement acceptées et qu’ils se sont engagés à faire valoir en eux et autour d’eux.

L’histoire de nos classes préparatoires est d’abord faite d’histoires personnelles, celles de nos anciens :

Nous en prenons conscience plus que jamais au moment de célébrer les 50 ans de notre prépa.
Nous avons voulu rassembler quelques-unes d’entre elles pour constituer une galerie de portraits. Autant de visages et de récits qui incarnent de manière exemplaire la diversité et la créativité qui distinguent les anciens Khâgneux : leurs talents s’exercent dans tous les domaines, y compris là où on les attendait le moins ; même les parcours qui auraient pu sembler les plus linéaires multiplient les pas de côté.
Ces histoires ne sont pas celles d’un temps révolu : elles sont la preuve vivante que le monde d’aujourd’hui et de demain a plus que jamais besoin de littéraires.
S’y découvre la transformation de soi que porte toute exigence intellectuelle, l’art du détour qui permet de penser librement et de résister aux simplifications – tout comme l’actualité des intuitions de Madeleine Daniélou : former une « élite de l’esprit » qui ne soit pas une caste de privilégiés mais une pépinière d’hommes et de femmes résolument « penchés sur la face mobile du monde ».

Retrouver le réseau des anciens ici : https://www.smn-alumni.org/

Exposition dans le cloître de Sainte-Marie de Neuilly depuis le 25 janvier 2020
Découvrez cinq portraits ci-dessous parmi ceux exposés :